QUE SONT MES AMIS DEVENUS ?(suite)

Qui s’en souvient encore des  engins d’Allis-Chalmers, d’Euclid, de Fiat, de Frisch, des pelles Richier, des chargeuses O&K,  du chargeur Merton et du bull Vickers ?? 

Flash-back :

Allis –Chalmers : full liner 

Dès 1950,  la société Van der Haeghe importe le matériel de génie civil américain Allis-Chalmers pour la Belgique (niveleuses, scrapers,  chargeuses sur pneus, bulls sur chenilles et sur pneus).  Ce constructeur établi à Milwaukee et Sprinfield dans  l’Illinois fabriquait également des chariots élévateurs à mâts, des tracteurs agricoles, des moteurs et des turbines à gaz. En 1973, l’Italien Fiat et l’Américain  Allis-Chalmers annoncent leur décision de constituer au début de 1974 une entreprise commune à laquelle seront apportées leurs activités respectives dans le secteur des engins de travaux publics qui portera le nom de Fiat-Allis. La principale unité opérationnelle Nord-Américaine était constituée  par la Fiat-Allis Construction Machinery à Carol Stream ( Illinois), en Europe par la Fiat-Allis Macchine Movimento Terra à Lecce en Italie. Quelques années plus tard, courant années 90  le nom Allis sera remplacé par Hitachi.  Fin !!

Fiat : pas que des voitures

Fiat a entrepris dès 1932 la construction en séries de tracteurs sur chenilles à usage agricole. Au cours des années 50 il entame la construction d’engins de génie civil à Turin. En Europe, il occupait la première place de constructeurs de dozers et de chargeurs sur chenilles avec 30% de part de marché.  C’était des machines réputées par leur robustesse et leur fiabilité. En plus, il fabriquait chaque année pas moins de 120.000 moteurs diesel. Fiat était importé en Belgique  par S.A.M.A.F. (Société Anonyme pour le Montage des Automobiles Fiat). Ses bureaux  étaient situés à Waterloo depuis les années 60. En 1974, cette marque fusionnera avec Allis-Chalmers qui prendra le nom de Fiat-Allis. À partie de cette date, c’est  la société anversoise H. Van Der Haeghe qui deviendra l’importateur.

Vickers : un bull unique  

Les études de design ont commencé en 1946 et, dans les années 50, un prototype a été assemblé et testé à la satisfaction des ingénieurs. Ce n’est qu’en 1952 qu’a débuté la production du VR180, made in England, connu plus tard sous le nom de « Vigor ». Le design de ce tracteur était unique. À cette période, il ne ressemblait à aucun autre tracteur dans le monde avec un son train de chenilles épousant vraiment le sol. Son châssis était fortement influencé par le design des tanks de l’armée. Cette machine était très innovante pour l’époque, reflétant des idées très avancées. Tous les composants et équipements étaient de fabrication anglaise : câbles, lames, treuils, contrôles hydrauliques, etc. Il était propulsé par un moteur diesel Rolls-Royce C6SFL six cylindres turbochargé d’une puissance de 160HP et était doté d’une transmission Vickers à trois vitesses. Le châssis était monté sur des coussinets en caoutchouc qui absorbaient les chocs. Sa vitesse atteignait 16 km/h ! Le pousseur Vickers  VR180   a été commercialisé en Belgique  dès 1956 par la société « Matériel de Voirie » à Namur et ensuite par Bia en 1959. Il sera construit jusqu’en 1961. C’était un bull pas ordinaire

Euclid : une fin non programmée 

Ce spécialiste mondial de matériel de terrassement était établi dans l’Ohio. Son savoir faire  : des scrapers, des bulldozers sur chenilles, des chargeuses sur pneus  et  également  des gros dumpers rigides. En 1953, ce constructeur est repris  par la General Motors  qui souhaitait « rentrer » dans le secteur du matériel de terrassement. Pour la GM, cette reprise était un complément à ses activités et à  ses produits. En 1959, le ministère américain de la Justice lance une loi antitrust qui accuse GM d’une position  dominante  dans ce secteur. Après huit années de combat, GM sera contraint de se séparer de Euclid. Ce qui amènera GM à lancer la marque Terex. Plus tard les camions Euclid seront repris d’abord par  Volvo Construction et ensuite par Hitachi.  Cette marque, importée début des années 50 par Blackwood-Hodge,  était fort populaire en Belgique avec ses bulls et ses scrapers notamment. Ils  ont été  utilisés  lors de la construction de très nombreux chantiers autoroutiers belges par des entrepreneurs de renom comme Saterco et Sogetra entre autres.

Orenstein&Koppel : cinématique en Z  

Lors du salon Matexpo 2001, O&K a exposé sa nouvelle chargeuse LC25 de 13,75t équipée d’une cinématique universelle LEAR qui a été optimisée.  Construite à Berlin, cette chargeuse à la cinématique particulière allie les avantages de la cinématique parallèle et de celle en Z. Cette cinématique LEAR permet la régulation électro-hydraulique du parfait synchronisme des mouvements de la chargeuse pour obtenir un levage parallèle parfait ( avec des capteurs en option). La production de cette chargeuse a débutée en 2000 et s’est terminée en 2005. Elle était propulsée par un Cummins de 130kW et sa charge de basculement en ligne était de 11.200kg.Cette marque faisait partie de la galaxie de CNH ( Case New-Holland). Aujourd’hui, elle n’existe plus.

Merton : : une drôle de machine  

Distribuée par Blackwood- Hodge, cette drôle de machine de 4.420kg construite en Grande Bretagne dans les années 50  était une réponse aux problèmes de chargement. Elle combinait deux avantages ; mobilité et mouvement de pénétration en avant sur le front de chargement avec rapidité d’enlèvement et de chargement à l’arrière. Elle était montée sur un tracteur Fordson  diesel standard de 40ch.  Sa hauteur de déchargement est de 2,59m. D’après la publicité de l’époque, cette « machine »  était actionnée par un simple treuil,  elle n’était  pas équipée d’un système hydraulique compliqué et elle chargeait un camion de 6m3 en un peu plus de 3 minutes. En plus, elle  pouvait recevoir une lame bull et une petite grue. La polyvalence en plus !!!

Frisch : une référence 

Durant les années 60, Frisch était représenté en Belgique d’abord par Klöckner Bamaco, puis, quelques années plus tard par Oswald De Bruycker. Ce constructeur allemand  proposait  principalement une  gamme de chargeuses sur pneus  de 1,5m3 à 6m3, des compacteurs d’immondices de 15t à 27t  et des niveleuses de 93ch à 200ch. Peut-être les meilleures niveleuses des années 60-70. Elles étaient les grandes rivales de Caterpillar et avaient toutes les qualités  requises ; puissante, une force de poussée importante, rapide, commande entièrement hydraulique, etc. Au début des années 80  Frisch sera reprit par Faun d’abord, pour s’appeler Faun-Frisch, puis par O&K  en 1986 qui à son tour tombera dans l’escarcelle  de Case New-Holland en 1999.

Richier: ce cher disparu

Incontestablement, Richier a été un des « grands constructeurs européens » dans les années 60.  À son programme, des rouleaux, des grues/tour (BPR), des petits dumpers de chantier, des bétonnières mondialement connues, mais également des pelles hydrauliques sur pneus et sur chenilles de 13t à 30t. Ces machines étaient dotées de pompes à débit variable ou à débit constant, de flèche monobloc ou à volée variable et de moteurs diesel de 72kW à 184kW. En 1970, Richier subit de plein fouet la crise pétrolière ce qui permettra au constructeur de voiture Ford de le racheter. Ces pelles prendront alors le nom de Ford-Richier. En 1979, des doutes ont plané quant à l’avenir de la société Richier, filiale de Ford Motor Cy. Sans rentrer dans les détails de la solution qui a été trouvée il a été convenu de créer la société « Nouvelle Industrielle Richier sa » avec l’appui  financier du gouvernement français  Dans les années 80, Ford déposera son bilan.

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